[Test] Pure Faming 2018 – Qui a la main verte ?

Apparue il y a une dizaine d’années, la «simulation de ferme» est un genre qui fait souvent sourire, car le sujet exploité ne fait pas rêver tout le monde et semble en décalage avec l’univers du jeu vidéo. Pourtant comme pour les jeux de foot, chaque année a droit à un nouvel opus et le genre a fini par faire des émules qui fleurissent comme des radis de 18 jours ! Nous allons ici nous intéresser à Pure Farming 2018, développé par iceflames, édité par Techland et disponible sur PC, PS4 et Xbox One. Penchons nous sur la version PS4 pour nous faire un avis ! 

Pure Farming 2018 propose trois modes de jeu :

  • un mode campagne (!) avec un scenario, des objectifs progressifs et optionnels à remplir.
  • un mode défis qui propose une vingtaine de missions courtes qui mettra votre agilité à l’épreuve.
  • un mode “bac à sable”, où vous vous fixez votre budget et vos propres objectifs.

En tant que néophyte c’est naturellement sur le mode campagne que je me suis le plus concentré.

Le scenario est très basique et le décor est planté en quelques lignes : vous reprenez la ferme de votre grand père qui vient de décéder, vous héritez aussi de ses dettes et novice dans le monde de l’agriculture, il faudra vous familiariser avec les machines et techniques pour remettre les finances de l’exploitation familiale à flot. Vous serez épaulé dans cette tache par Kris qui vous prodiguera ses conseils et objectifs sur votre tablette : la Smart Farm, car vous incarnez un fermier américain moderne, ultra connecté, votre exploitation se situe dans l’état du Montana (oui c’est bien celle de Far Cry 5 dont je vous parlais ici).

La tablette est un substitut habile à un simple menu de sélection. Tout passe par cet outil : mails d’instructions de Kris, cartes, commandes de véhicules, achats et ventes de produits agricoles, emprunts bancaires, notifications… elle est indispensable et peut vous faire gagner un temps précieux. Si vous l’utilisez pour les achats et les ventes, une commission sera prélevée sur vos transactions, il faut bien le garder à l’esprit et faire les bons choix en fonction de vos priorités et de votre budget.

Les premières missions s’apparentent aux grandes manœuvres : faire connaissance avec les véhicules et outils, leurs fonctions et leurs manipulations. Les contrôles sont assez conventionnels, on avance et recule grâce aux gâchettes, les boutons latéraux servent à contrôler les appareils à l’avant et à l’arrière de l’engin. C’est le moment de relever les manches parce qu’on commence par une phase très simulation et le souci du détail est poussé à l’extrême : labourer un champ peut ainsi vous prendre d’une demi heure à une heure si il est grand!

Par la suite on sera guidé pour faire les étapes clés qui nous permettront de mettre le jeu en route, développer la ferme et la rentabiliser en faisant diverses acquisitions : champs, serres, vergés, énergies renouvelables, élevages de basse-cour et de bétail, emploi d’ouvriers pour vous seconder (plus ou moins bien), puis voyage à l’international pour découvrir de nouvelles cultures et exporter les nôtres.Plus on avancera, plus l’aspect gestion se montrera, notamment avec l’utilisation d’un drone, accessoire ultime, qui renforcera l’aspect superviseur de l’exploitant.

Chemin faisant, on aura la possibilité de remplir des missions annexes optionnelles qui permettront de mettre un peu de beurre dans les épinards. Une quête “fil rouge” de chasse aux trésors perdus par les pionniers du Montana récompensera les plus obstinés qui trouveront les 100 saphirs, disséminés sur la vaste carte de jeu.

Dans le mode campagne, certains détails importants sont mal développés, voir oubliés. Par exemple, la gestion du temps est une chose cruciale dans ce jeu où tout repose sur des cycles journaliers. Il défile en x24 de base, pour les actions qui prennent du temps, c’est pratique de pouvoir réduire cette vitesse puis de l’augmenter une fois la tache accomplie. Pour modifier ce rythme, il faut appuyer sur R1+L1 et haut/bas de la croix directionnelle mais ce n’est pas clairement expliqué et comme les boutons L et R servent aussi pour l’avant et l’arrière du véhicule, la combinaison a beau être affichée sur l’UI du jeu, on n’a pas forcément le réflexe de l’utiliser au début. Quand on se familiarise avec la prise en main, un petit mail de Kris pour clarifier ce point éviterait pas mal de déconvenues et pertes de temps sur une chose comme celle ci.

Les feux du véhicule sont sur la même combinaison de touches et j’ai passé trois nuits à conduire au radar ou à me téléporter dans la voiture, garée à côté de la maison, pour passer la nuit tel Link sur son feu de camp ! Les objectifs ont le même défaut, parfois les explications ne sont pas claires et on perd du temps bêtement : l’achat du premier parc solaire demande de débourser 50 000 € sans expliquer que sa rentabilité est de 2 240 €/jour, donc on hésite à prendre un crédit. Pour le voyage en Italie idem, on ne sait pas clairement ce qui nous attend sur le terrain et si il faut investir dans le transport de véhicule ou pas pour la mission. Bref, plein de petits défauts de narration viennent gâcher le tableau.

Il va de soi que ces critiques ne concernent que le mode scénario. Un joueur plus expérimenté que moi peut attaquer directement le mode bac à sable qui de fait, ne restituera alors que le côté positif du jeu : une carte principale immense, plusieurs cartes secondaires permettant de pratiquer diverses cultures en fonction de l’endroit.

Le mode défis quant à lui, permet de voyager sur toutes les cartes pour découvrir les différentes cultures disponibles au travers d’une vingtaine de défis se débloquant progressivement. Le format court des parties et le challenge sont une bonne alternative et un bon défouloir face à certaines longueurs du scenario, c’est aussi l’occasion de se perfectionner, d’apprendre à gagner du temps. Tout le monde y trouvera son compte, les débutants après quelques tours de tracteur et les plus expérimentés dès le premier lancement du jeu. Il serait naïf d’attendre des prouesses graphiques pour un jeu de niche comme celui ci, ce n’est pas un budget triple A. Les décors sont un peu fades, un peu vides, les PNJ statiques et rares, mais les véhicules, sous licence, sont plutôt soignés, c’est correct, sans grande fantaisie.

Par contre, il y a de très bonnes idées sur la physique des engins : ils se salissent dans les champs, il faut les laver. Ils subissent des pannes que l’on répare au garage. Malheureusement j’ai eu quelques problèmes : après réparation de ma voiture (sale) rien n’a changé jusqu’à ce que je la lave ! Une remorque n’a pas voulu se nettoyer tant qu’elle était attachée, j’ai bloqué ma voiture dans le portail, ou encore, en lançant une mission annexe, la fonction pour embaucher les ouvriers a disparue… Plein de petits soucis que j’ai résolu en créant un point de sauvegarde après avoir identifié le problème puis en relançant le jeu dans la foulée. Tout rentre dans l’ordre et rien n’est perdu, donc rien de grave, mais encore une fois on perd du temps bêtement.

En définitive, Pure Farming 2018 est un jeu bourré de très bonnes idées, mais pas exempt de défauts. Il propose un bon mélange entre simulation et gestion. Le mode campagne est perfectible mais la progression est bien dosée, c’est une bonne entrée en matière pour découvrir ce genre de jeu. Le concept souffre cependant d’un problème de rythme entre la partie simulation et la partie gestion, les taches sont parfois trop longues face à des cycles relativement courts et il faut intervenir sur l’horloge en permanence pour préserver l’équilibre. Cependant, le jeu est riche de par son contenu et ses modes de jeu : le mode bac à sable offre de belles perspectives dès que l’on a cerné les tenants et aboutissants. Un mode en ligne pour les plus expérimentés, un système de scoring dans les défis, auraient ajouté une dimension sociale et un peu de piment au jeu. Au bout du compte Pure Farming 2018 est tout de même très prenant, on se surprend vite à y passer de longs moments sans voir passer le temps. Personnellement le jeu m’a aussi appris énormément de choses sur le matériel agricole et depuis quand je vois un tracteur dans un champs je le regarde d’un œil moins distant et plus compréhensif 😉

Ma note globale pour Pure Farming (testé sur PS4) : 14/20

J’ai aimé J’ai moins aimé
  • La conduite de véhicule, réaliste
  • La possibilité de jouer dans différents pays
  • La diversité des cultures et élevages disponibles
  • Le mode défis qui permet des parties courtes et fun
  • La longueur de certaines taches
  • Le rythme poussif du scenario
  • La pauvreté des décors
  • Des erreurs narratives et quelques bugs qui font perdre du temps bêtement

Merci à @aure_pam pour son avis illustré 😉

Pure Farming 2018, développé par iceflames, édité par Techland et disponible sur PC, PS4 et Xbox One depuis le 13 mars 2018 en édition Standard et Digital Deluxe

D’ailleurs dans la Digital Deluxe il y a :

– le DLC Carte Allemagne
– le DLC Landini Rex F
– le DLC Lindner Geotrac 134ep
– le DLC Gomselmash Palesse CS-200
– un pack de tenues spéciales.

Pour plus d’informations, faites un tour sur le site officiel :purefarminggame.com

@gouaig

 

Gouaig

Un peu geek sur les bords je m'intéresse plus particulièrement aux jeux vidéo. J'adore les produits mobiles mais plus largement toutes les innovations technologiques. Je suis également fan de Starwars, Disney, Mangas, Starbucks... Le tout à la sauce père de famille ! Contact : Twitter @Gouaig - Mail Gregturcotti@yahoo.fr

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