[Test] Darksiders III (PC, PS4, Xbox One) – Un jeu Fury, bon ?

Après la descente aux enfers de THQ suite à son suicide à grands coups de « U Draw », on a bien eu peur de ne pas avoir de suite à Darksiders, franchise encensée de l’éditeur. C’était sans compter sur Nordic Games qui a acheté beaucoup de licences à THQ (dont celle ci), jusqu’à avoir le droit d’utiliser le nom du défunt éditeur pour devenir : THQ Nordic et après avoir essuyé les remasters sur la plupart des supports, voici enfin le tant attendu nouvel épisode. Le studio Vigil Games qui avait fait les deux premiers opus a été entraîné par la chute de l’éditeur et contraint de mettre la clé sous la porte, c’est un nouveau studio du nom de Gunfires Games qui reprend les rennes de l’histoire des quatre cavaliers de l’apocalypse.

L’histoire s’inscrit au même moment que le premier épisode, on retrouve d’ailleurs Guerre sur le bûcher du conseil Ardent dans la première scène. Le scenario est par contre bien moins alambiqué que celui du premier jeu : Guerre est accusé d’avoir brisé les sceaux maintenant l’équilibre entre ciel et enfer, le monde des humains est devenu le champ de bataille de leur affrontement. Fury, cavalière de l’apocalypse est convoquée par le conseil Ardent qui lui confie la mission de traquer et « capturer » les personnifications des sept péchés capitaux dans le but de rétablir l’équilibre. Fury, sûre d’elle et un poil égocentrique accepte la mission voyant en elle l’opportunité de devenir la chef de groupe des quatre desperados.

Notre cavalière part donc à pied (!) équipée des épines de Mépris qui ont l’apparence d’un grand fouet qui peut aussi servir de grappin. Après avoir pu tester tout cela sur une courte distance, on tombe immédiatement sur le premier boss (gourmandise) histoire de se mettre dans le bain et de se familiariser avec les subtilités du bouton X (touche carré sur PS4) assigné à cette arme. Ce sera d’ailleurs la seule arme disponible, c’est seulement après avoir terrassé Colère, le deuxième boss, que l’on sera happé dans les abysses où l’on se verra confier une nouvelle arme et une habilité associée (feu, foudre,force,stase). La progression dans le jeu se fait dans un monde ouvert qui fonctionne avec ces aptitudes, qui permettront de débloquer des passages et de résoudre des énigmes.

L’escroc Vulgrim est évidement de la partie, il vous permettra de revenir sur des zones précédemment visitées pour les parcourir avec une nouvelle capacité afin d’explorer de nouveaux endroits inaccessibles autrement. Vulgrim sert aussi de checkpoint, mais c’est avant tout un marchand qui vous soulagera de vos âmes pour vous vendre des objets ou faire monter votre niveau.

Nous en venons donc au système de progression qui est simple et efficace : à mesure que l’on casse du monstre, on nourrit Vulgrim pour gagner un niveau qui octroie un point de compétence que l’on peut répartir sur la vie, la force ou la magie.Vous pourrez aussi aller rendre visite à Hultane le façonneur, pour améliorer vos armes dès que vous obtiendrez les objets adéquates.

Concernant le gameplay, le jeu est plutôt exigeant et même les ennemis de base peuvent vous mettre KO en quelques coups, il faut jouer sur l’esquive et apprendre les ritournelles des adversaires pour s’en sortir sain et sauf. Les attaques sont sur les boutons du haut (X,Y/Carré, Triangle) et l’esquive sur RB/R1, des combinaisons permettent de déclencher des attaques de courroux et chaos qui s’activent à condition que leurs jauges respectives soient pleines. Les attaques de courroux varient selon la compétence active et l’attaque de chaos vous transforme en « Hulk » incandescent de lave.

Pour se soigner, les possibilités sont minces : vous pouvez utiliser le repos du nephilim deux fois au départ, on peut par la suite augmenter le nombre d’utilisations mais il faut toujours avoir un œil attentif sur la barre de vie et pouvoir prendre suffisamment de recul pour l’utiliser car en l’activant Fury fait une animation qui la rend totalement vulnérable un court instant.

Sur votre route, vous trouverez aussi quelques items qui peuvent améliorer la force, la magie, vous soigner etc. Les phases de combats sont donc plutôt salées et bien orchestrées, toute sortie vous enverra sur la case départ et inutile d’essayer de rusher car une fois qu’un ennemi vous a vu il vous suivra de partout où il en a la possibilité.

Au niveau de l’exploration, c’est astucieusement construit car on évolue dans un décor où toutes les zones sont connexes et révèlent de nouveaux endroits à mesure de la progression du personnage, par contre, c’est un peu rigide car un seul chemin est possible et malgré une apparente liberté on évolue sur rails. Le terrain de jeu est petit et l’absence de carte ne se fait donc pas vraiment sentir, une seule quête annexe (trouver les humains) est disponible et elle n’en souffrira pas non plus. Il y a aussi une fin alternative à débloquer c’est bien, mais peu consistant (et un peu vieillot).

Enfin sur la partie technique Darksiders 3 s’en sort bien mais avec quelques accrocs : quelques ralentissements intempestifs viennent de temps en temps se faire voir, des combats parfois peu lisibles, des assaillants qui ne tombent pas d’un bord de falaise ou s’y bloquent.

Le doublage n’est pas vraiment « synchro » avec des dialogues en plein combat que tu ne comprends pas à cause du bruit et que tu ne peux pas lire non plus, sinon t’es mort ! Un gros temps de chargement qui fige le jeu facilement 15 secondes quand on change de zone. Graphiquement on ne peut pas dire que c’est moche, bien au contraire, la direction artistique est réussie mais pas sublimée par la technique et on a le sentiment d’être dans un remaster HD d’un précédent opus, plus que dans un jeu taillé pour cette génération de console.

C’est avec ce sentiment de déjà vu que se conclut ce test, car si c’est l’effet que le jeu procure graphiquement parlant, c’est comme un leitmotiv : on y trouve une multitude de clins d’œil et d’idées empruntées à d’autres jeux, mais il ne réussit pas à les exploiter suffisamment pour y apposer sa propre griffe. Néanmoins une palette intéressante nous est offerte piochant dans les grands succès du jeu vidéo, beaucoup de Dark Souls par ci, un peu de Zelda par là, une pincée de Bayonneta dans les combats… c’est toujours bien fait, les idées sont là mais exploitées en surface, une histoire plus riche aurait peut-être permis de multiplier les quêtes annexes pour donner un peu plus de corps et augmenter la re-jouabilité qui ne s’appuie que sur des niveaux de difficultés échelonnés. Darksiders 3 mise tout sur l’aspect défouloir et s’en sort très bien, ça colle bien à l’univers de la série et à la personnalité du personnage principal. Le jeu est beau, bien pensé et agréable à jouer malgré quelques accros tout à fait surmontables, les fans de la série y trouveront leur compte, sans déception mais risquent de rester sur leur faim.

Discorde va devoir faire l’unanimité pour finir la série en beauté, croisons les doigts 😉

Ma note globale pour Darksiders III (testé sur Xbox One) : 15/20

J’ai aimé J’ai moins aimé
  • La direction artistique
  • Le principe d’exploration grâce aux capacités
  • Un personnage charismatique et de bonnes idées…
  • Une difficulté gratifiante…
  • une réalisation datée
  • un univers riquiqui et faussement libre
  • …mais un sentiment de déjà vu (à tout niveaux)
  • …mais l’intérêt du jeu ne repose que là dessus

Merci à @Aure_pam pour son avis

Darksiders III est disponible de puis le 27 novembre 2018, sur PC, PS4 et Xbox One, c’est cette dernière version que j’ai chevauché pour ce test 😉

Darksiders III existe en version collector en plus de la version standard et c’est en stock ici par exemple.

@gouaig

Gouaig

Un peu geek sur les bords je m'intéresse plus particulièrement aux jeux vidéo. J'adore les produits mobiles mais plus largement toutes les innovations technologiques. Je suis également fan de Starwars, Disney, Mangas, Starbucks... Le tout à la sauce père de famille ! Contact : Twitter @Gouaig - Mail Gregturcotti@yahoo.fr

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